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Yarps

PIN

Interview

Présente-toi :
Yarps, Spray, Natural'Born'Sprayer. J’ai 44 ans.

Quand as-tu commencé le street-art et pourquoi ?
En 1985/1986,  il ya 1/4 de siècle ... merde déjà !!?
Le street-art a toujours été pour moi un formidable moyen d'expression artistique qui apporte un peu de couleurs, de joie, d'humour, d'humanité, dans nos villes grisâtres et mornes ! Je prends des photos et bombe depuis toujours. Principalement dans le milieu des squarts (squats d'artistes) dans lequel j'évolue depuis la fin des années 80 notamment  avec un groupe d'artistes nommé la "ZEN COPYRIGHT".
J'étais a l'époque un des rares "squartiste à faire du pochoir. Il y en a eu ensuite d'autres comme mon pote le Bateleur (R.I.P.), CAD ou encore Pedro

Quels sont les artistes visuels qui t'ont marqué ou dont tu apprécies le travail?
Tous ! C’est la démarche qui me plait, avant même le visuel. Le partage  gratuit sans rien attendre en retour, si ce n'est les réactions des passants ! Ernest Pignon Ernest, Mesnager, Marie Rouffet, Blek, Kriki que j'adore...

Quels sont tes outils de prédilection pour créer et comment prépares-tu tes collages ?
Basique : cutter X acto, bombes et scotch, that's all ! Papier journal bien souvent ou tout autre support...

Le collage est-il une discipline artistique que tu pratiquais avant de participer à Rue-stick?
Oui...c'était la marque de fabrique de la Zen Copyright... moins dangereux que le bombage direct que j'ai également pas mal pratiqué... tout comme les tribunaux !

La rue est-elle ton seul support d'expression?
Non je pratique sur toutes sortes de supports, en général en relation avec le pochoir : journaux français ou étrangers, cartes routières américaines, vieilles pages de livres, etc. Mais également, sous la rue, dans les carrières !  Malheureusement, je n’ai pas beaucoup de photos pour en témoigner. Le numérique n'existait pas et on ne pouvait pas mitrailler comme on le fait aujourd'hui !  J'en ai trouvé sur des sites de cataphiles   :-)
J'ai aussi fait dans les années 90 des "kit pochoirs" permettant aux gens de bomber eux-mêmes. C’était des boites avec des matrices découpées, des bombes et des gants.

Quelle est la citation, ou la formule, qui synthétiserait le mieux ton travail?
Motha'Fuckin'SprayCan'Art  ;-)
ou "Guns & Stencils"

A quelle édition de Rue-Stick as-tu déjà participé et quelles en ont été tes impressions?
Rue-Stick #3 et #4. Je trouve le concept excellent, fédérer les street-artists est génial. Le partage avec la rue, les passionnés, les "badauds", les flics même, et avec les artistes, c’est formidable  !  Une évidence, respect Mr SKIO !
L'impuissance des forces de l'ordre face au nombre d'intervenants (toujours croissant) est aussi assez "jouissive" et surprenante. C’est sympa de coller au nez et à la barbe des gardiens de la paix. C’est une petite revanche bien méritée  pour les heures passées en garde a vue !

Rangerais-tu le street-art dans la catégorie art contemporain et pourquoi?
Oui à 200% !  Comment pourrait-il en être autrement ? L'utilisation et la générosité de la bombe de peinture marque un tournant dans l'histoire de l'art à mon sens ! Les graffitis eux, existent depuis la nuit des temps...

Peux-tu nous raconter une de tes aventures marquantes avec le street-art ?
Début 90, un bombage dans le commissariat de police de la Goutte d'Or dans le 18ème à la demande des policiers qui m'ont auditionné (pas les cowboys qui m'ont serré et mis les pinces...) après une nuit de garde à vue...
Les cowboys, eux, ont joué avec mes matrices et mes bombes pendant que j’étais derrière les barreaux...  C’était hallucinant de vider de la bombe dans les burlingues des inspecteurs à leur demande ! J'avais mon masque, pas eux, ils en ont pris plein les nasaux. Y  a aussi des gens bien chez eux, même si ca saute pas aux yeux !  Si, si, sans vouloir être démago   ;-)
Pour l'anecdote, le dossier qui devait être "classé verticalement" a refait surface 5/6 ans après et m'a valu bien sûr une après-midi au chaud sur le banc des accusés du tribunal de l'Ile de la Cité. Les gus ont du être mutés...

Le meilleur film ?
« Faster Pussycat Kill Kill » de Russ Meyer, « Pulp Fiction » de Quentin Tarantino, tous les Audiard et tous les Clint Eastwood.

Le meilleur livre ?
« Touchez pas au Grisbi » d’Albert Simonin.

Le meilleur son ?
Les B.O. de films de Lalo Schifrin (« Mission impossible », « Mannix », « Bullit », « Dirty Harry »...)
Le early reggae...période 1968 - 1972
Le bon vieux rock'n'roll des 50's
La musique fait partie de ma vie. Je suis moi même musicien, j’ai quelques bonnes années de conservatoire derrière moi... J'en ai perdu l'audition de l'oreille droite. Heureusement qu'il me reste la gauche, je serai le plus malheureux du monde si je devais envisager la vie sans musique... impensable !!!

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