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Loeilpartoo

Canal de L'ourq2

Interview

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Loeilpartoo, la trentaine toute fraîche et pas sèche, l'œil toujours en balade.
J'ai fait mes études dans les arts graphiques et la communication visuelle à Nantes.
Je travaille à Paris depuis 2002 comme salarié dans le design, le packaging et l'identité visuelle.
Je collabore en parallèle à des projets collectifs associatifs, musicaux ou événementiels.

Quand as-tu commencé le street-art et pourquoi?
J'ai commencé le graffiti en 2000 et, à partir de 2003, j’ai découvert la scène street-art parisienne au travers d’expos et d’événements qui mettaient en avant ce mouvement. Je le regarde alors du coin de mon œil curieux, des amis y participent déjà.
Au lieu de me coincer juste un doigt, c'est le bras puis tout le corps qui est pris dans l’engrenage des sorties expos de la semaine et de la session graffiti du week-end histoire de changer la grisaille en couleur. J'aime l'idée de m'exprimer librement sur les murs, d'imposer un choix et de faire réfléchir les gens sur les mots "liberté d'expression".
A partir de 2007, je passe petit à petit du graffiti au collage, mon travail évolue et trouve un sens au fil des rouleaux de papiers qui se multiplient, des bouteilles d'encre de Chine qui se vident, et des bombes de peintures qui font "bilingbiling".
S'exprimer c'est l'envie et le besoin de tous je pense ; ma manière à moi c'est d'écrire et de dessiner, sur le papier comme sur les murs.

Quels sont les artistes visuels qui t'ont marqué ou dont tu apprécies le travail?
Côté graffiti quand je suis arrivé à Paris, j’ai été marqué par les IMF et Sixpack en particulier, par les GT pour leur grosses prods et par O'clock qui était partout.
Ensuite pour le street-art au sens propre, je dirais Zeus, Space Invaders, Le Chat, 36 Recyclab...
Récemment, je m'intéresse plus précisément au narratif. Ceux qui me marquent sont ceux qui disent des choses en plus d'en faire des jolies comme Dran qui reste le maître incontesté du genre. J'admire le juste sens et l'expression que prend une scénette, tout comme un contexte ou une ambiance dans le in situ.

Quels sont tes outils de prédilection pour créer et comment prépares-tu tes collages ?
Les premiers outils sont ma bibliothèque musicale, un carnet de croquis, un critérium et un esprit détendu.
Tout passe par le crayon et le papier, ça c'est obligé. Même si je pars parfois directement à l'ordi, je sais déjà que je vais utiliser une base dessin que je connais.
Pour les collages, j'utilise un projecteur pour les dessins compliqués. Sinon je les fais directement à la main.
Je travaille toujours pas mal l'esquisse pour savoir où je vais, et pouvoir encrer ensuite tranquillement.
Ensuite pinceau, brosse et encore de chine. Coup de cutter et au suivant !

Le collage est-il une discipline artistique que tu pratiquais avant de participer à Rue-stick?
Oui

La rue est-elle ton seul support d'expression?
Non

Quelle est la citation, ou la formule, qui synthétiserait le mieux ton travail?
Loeilpartoo porte bien son nom, gardez-en un sur lui...

À quelle édition de Rue-stick as-tu déjà participé et quelles en ont été tes impressions?
Je n'ai pas participé à la première mais j'ai fait toutes les autres.
Il y a une bonne ambiance décontractée et on y retrouve souvent des têtes que l'on connaît. Les nouveaux arrivants sont les bienvenus et on échange facilement, on partage le matériel, on se conseille et on fait des découvertes.
J'aime bien y aller car c'est sans prétention et bien ficelé. Bravo l'orga car c'est quand même pas évident. Le nombre de participants croît de session en session et c'est mérité.

Rangerais-tu le street-art dans la catégorie art contemporain et pourquoi?
Oui il est contemporain car il est actuel. Il est en galerie mais est-ce qu'il est là parce qu'il s'est paumé ou parce qu'un inconnu pervers l'y a attiré ? Je ne sais pas trop quoi penser de tout ce questionnement actuel, je réfléchis selon les envies, les rencontres et les propositions.
Dans le fond je me dis que c'est aussi une belle reconnaissance, même si, bon, écrire sur les murs c'est quand même dans nos gênes depuis la préhistoire. Après les règles nous l'interdisent mais comme on dit "murs vierges, peuple muet".
La rue est quand même plus intéressante pour moi, le contact y est plus spontané et pas intéressé comme en galerie. Surtout, j’aime l'idée que les gens apprécient les choses pour ce qu'elles sont, et non pas pour ce qu'elles valent.

Peux-tu nous raconter une de tes aventures marquantes avec le street-art ?
Les deux anecdotes qui me viennent à l’esprit sont liées à des personnes dont j'admirais le travail et que j'ai eu le malheur de rencontrer. J'ai été très déçu et depuis je ne cherche plus à le faire...
Sinon rien de très marquant, juste des souvenirs de rencontres ou de réactions des passants. Par exemple, une personne âgée qui s'indigne et va appeler la police. Ou, à contrario, quelqu’un qui te demande si elle peut avoir un de tes collages pour la chambre de son fils.
Il y a eu aussi le contrôle de papiers à Beaubourg. Deux minutes après le passage de la première patrouille, une seconde débarque et ça recommence. Mais ça s’est terminé sans rien de grave, simplement des palpations pour trouver des produits illicites ou des armes et un discours sur l'affichage illégal sauvage blablabla, blablabla…

Le meilleur film?
Celui où on voit des gens vivre leur passion et la partager.

Le meilleur livre?
Celui où on y lit que tout est possible.

Le meilleur son?
Celui qui fait pousser des ailes.

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