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Esper

esper76

Interview

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Esper, 28 ans, né et élevé entre Paris et sa banlieue. Membre fondateur du collectif HautEnCouleur, qui rassemble une vingtaine d'artistes de l'image et du spectacle, pour la plupart issus de la culture hip hop.
Je fais également partie du crew MFK, et je représente la Zulu Nation.
Je travaille depuis 2005 en tant que directeur artistique freelance dans le monde de la communication visuelle et de l'évènementiel.

Quand as-tu commencé le street-art et pourquoi ?
J'ai commencé à graffer en 1997 : le lycée, des cours un peu trop chiants, du temps à perdre, tout ça...
J'étais au lycée avec des loulous redoutables comme Baze ou Simone et là où certains ne faisaient que survoler leur blackbook, moi je suis devenu fou... Il fallait que je fasse ça aussi !
Donc premières sorties, premières armes, beaucoup de tag au début, et des blocs entiers de feuilles sketchées, taguées, flopées, graffées... Mais très vite en 2001, ma rencontre avec Raphe en première année d'école supérieure marque le passage aux terrains vagues et aux fresques abouties.
Je quitte peu à peu la rue... C'est cette même année que l'on fonde le HEC (Haut En Couleur) avec l'envie de péter des murs à thèmes. C'était l'époque des murs à la "third millenium" des MAC !

Quels sont les artistes visuels qui t'ont marqué ou dont tu apprécies le travail ?
Si on parle graffiti, et sur mes influences au début, je suis obligé de citer des artistes comme Myst, Lokiss, Sion, Smo, Emoy, Cope2, Pest, Bab2, et j'en oublie... Hors graffiti, des artistes comme Hassan Massoudy, Olivier Vatine, Claire Wendling, Crisse, Masamune Shirow, Miyazaki...
Aujourd'hui il y'a tellement d'artistes dont j'apprécie le travail que tous les citer serait impossible. Mais un mec comme Zest (TDM) ou les Love Letterz sont pour moi des artistes qui ont tout compris !
Et sans vouloir paraître chauvin, tous les artistes de mon collectif font partie des gens qui m'impressionnent et m'influencent... Je suis vraiment fier d'évoluer à leur côté !

Quels sont tes outils de prédilection pour créer et comment prépares-tu tes collages ?
Le meilleur outil du monde... un crayon !
Après, je finalise souvent sur l'ordinateur mais je ne fais pas de collages, ni de pochoir. J'aime peindre la surface directement.
De même qu'un crayon et un bout de feuille suffisent, je suis très à l'aise avec une bombe noire et un mur vierge !

Le collage est-il une discipline artistique que tu pratiquais avant de participer à Rue-Stick ?
Non.

Quelle est la citation, ou la formule, qui synthétiserait le mieux ton travail?
Dans mon travail de "graffeur", c'est le mouvement et la dynamique qui caractérisent mon travail.
Dans mon métier de directeur artistique, je fais partie de ceux qui s'adaptent à la commande, ne restant jamais enfermé dans un style. Pour moi, pour « faire de l'image », il faut savoir s'affranchir des fausses règles qui poussent les autres à rester dans un secteur d'activité.
Il n'existe pas de règles, juste des codes à intégrer, et c'est mon métier de les faire fonctionner.

À quelle édition de Rue-Stick as-tu déjà participé et quelles en ont été tes impressions?
Je participe pour la première fois sur l'édition de Puteaux.

Rangerais-tu le street-art dans la catégorie art contemporain et pourquoi ?
Oui et non...
J'ai beaucoup de mal avec les artistes qui viennent du street-art et qui prennent une toile pour y faire la même chose que sur mur. Je pense qu'un artiste street-art devient un artiste contemporain à partir du moment où il a fait la démarche d'adapter son travail au nouveau support qu'est la toile !
Le street-art en général, le graffiti tout particulièrement, prend tout son sens dans la rue ou sur un train, mais il devient ridicule quand il est réduit à l'état de sketch sur une toile de 30cm de large...
Il faut savoir être cohérent dans son travail, et le rapport œuvre / support est très important pour moi ! Des artistes comme Myst ou Zest sont y sont parfaitement arrivés. Mais quand je vois une toile avec un flop fait au posca dessus j'ai envie de pleurer...

Peux-tu nous raconter une de tes aventures marquantes avec le street-art ?
Je pourrais te raconter ma vie mais ce serait trop long... Depuis le jour où j'ai attrapé ma première bombe de peinture, tout est devenu une aventure marquante pour moi. Toutes les années qui ont suivi ont été dirigées par ce premier tag...

Le meilleur film ?
Non mais ça... depuis 20 ans qu'on la pose cette question, c'est toujours autant impossible d'y répondre...
Allez on va dire « L'impasse » de Brian de Palma (« Carlito's way » en anglais), pour jouer le jeu et donner un titre !

Le meilleur livre ?
« PIMP » de Iceberg Slim ! Mais il y en a tellement d'autres...

Le meilleur son ?
Impossible de répondre ! J'écoute tellement de choses différentes, qui me touchent, que c'est impossible de citer ne serait-ce qu'un genre musical...
Bon, si tu veux, le dernier son écouté aujourd'hui c'est Anita Ward, « You lied », samplé par Cut Killer sur le très bon morceau de Fabe "comme un rat dans le coin".

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